Les portes closes

Derrière chaque livre que l’on écrit, il y a pour moi une obsession.

Une thématique qui revient sans cesse, des images qui semblent nous attirer plus que Portes closesd’autres et un besoin de créer des personnages avec des tendances quasi compulsives: autant de signes qu’il est temps d’écrire. Souvent, celui qui écrit n’a pas forcément conscience de cette obsession et ce n’est qu’en achevant le récit qu’il s’aperçoit de l’évidence. Ce fut le cas pour la saga des Crèvecoeur.
Pour moi, cette obsession a longtemps été celle des portes closes, ces portes dont on nous dit qu’elles ne mènent vers rien et qu’il serait donc absurde de les ouvrir. J’aime ces ouvertures cachées, ces escaliers qui semblent mener nulle part et ce refus des un et des autres à céder à la tentation du secret. Ceci est une porte que l’on n’ouvre pas, d’ailleurs personne ne l’a jamais ouverte, pourquoi vouloir le faire, c’est bien trop compliqué et puis, on ne sait jamais… N’est-ce pas là que repose toute la dynamique du secret de famille ? Ce tabou passé de génération en génération, consciemment et inconsciemment, comme un fardeau invisible qui pèse sur le destin de tous ses membres.

Écrire revient en quelque sorte à ouvrir ces portes interdites, celles qui mènent vers des mondes secrets, vers des histoires tragiques et ordinaires, et à briser ce silence qui sert si souvent de refuge. Écrire, c’est céder au “on ne sait jamais” et explorer ce qu’il en serait si  l’on dépassait les interdits et on mettait ses propres certitudes en péril.

 

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